Mon chien m’a dit « au CCAS, on cultive l’esprit de famille » – épisode 21

« La saga continue… »

Mon chien a été sincèrement attendri par l’avalanche de photos publiées sur les réseaux sociaux de la Mairie, mettant en scène le bonheur de nos aînés, chaleureusement entourés de quelques élus de l’équipe #Strambio, de conjoints d’élus dont on se demande à quels titres ils viennent partager l’ordinaire des EHPAD, jusqu’à ce bon Monsieur Atlan, désormais employé de ville.

Quelles mouches les piquent tous ?

Il est vrai que l’imminence d’une échéance électorale délicate fait monter en flèche la cote des cheveux gris, au point que notre bon maire, qui n’est plus tout jeune, en perd la mémoire : il oublie, par exemple, qu’il traitait l’un de ses conseillers municipaux plus âgé que lui…. de vieillard et même de « has been » ( #Strambio est polyglotte, c’est-à-dire qu’il tient plusieurs langages en même temps !)

Et mon chien de rappeler à cette occasion la terrible formule de Bernard Shaw : « les êtres humains sont les seuls animaux dont j’ai réellement peur ». Ce n’est pas le pauvre chat « chevelu » qui le contredira.

Ce merveilleux esprit de famille qui anime notre bon maire au-delà des générations est louable, mais jusqu’où peut il aller ?

– partager un bon repas à la table d’un EHPAD ?

– deviser sur l’avenir, ce vocable dont le sens se rétrécit singulièrement au fil du temps ?

– en profiter pour partager quelques opinions politiques ?

– confidences au creux d’un sonotone pour aider à choisir le meilleur parti ?

– caresser le poil gris dans le bon sens en pariant sur la « côte » de la silver économie, tant recherchée en période électorale ?

Rien ne vaut cette chaude proximité et cet esprit de famille !

Et mon bon chien de rappeler que cette pratique existait déjà au temps très lointain des papes tout puissant qui, pour asseoir leur pouvoir, avaient pris la détestable habitude de favoriser leurs proches. On appelait ça le « népotisme », du latin « népo » : neveu….

Le népotisme a officiellement mauvaise presse en politique, du moins en façade, puisqu’en pratique il est … monnaie courante !

C’est pour éviter de succomber à cette tentation, que notre bon Maire a pris le soin, pendant la campagne électorale de 2014 (c’est très loin et il ne s’en souvient plus…) de signer la Charte Anticor.

Elle recommande justement d’adopter une politique anti-népotisme, en s’interdisant d’embaucher ses proches : famille, amis, copains, compères, confrères, camarades, condisciples, partenaires… « ou simples potes ».

A moins, bien sûr, qu’ils ne soient particulièrement bien adaptés au projet. L’exception TUE la règle !

Et bien, c’est un peu ce qu’il se passe au CCAS de Draguignan, dont le Maire est, de facto, le Président.

Quelques exemples de ces cas qui tombent « pile poil » :

– figurez vous que notre CCAS est piloté depuis 2015 par Madame Anne QUINTELA, qui en est la directrice. Elle est flanquée d’un vice-président, en la présence de l’adjoint au maire chargé des Affaires Sociales, Alain HAINAUT et du Président de droit : le maire, Richard STRAMBIO.

 Jusque-là rien à redire.

– L’affaire s’épice avec l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) Pierre de la Fée, établissement qui héberge des personnes âgées dépendantes.

Jusqu’à très récemment cet établissement avait à sa tête Madame Isabelle GAUTIER, précédemment Agent Territorial Spécialisé des écoles Maternelles en contrat d’accompagnement dans l’emploi à Fayence (CAE).

Il faut croire que cet accompagnement a été d’une efficacité remarquable pour lui permettre de passer d’un statut d’extrême précarité à un poste de direction.

Mon chien se surprend toutefois à s’interroger sur la vérification des compétences réelles de l’intéressée pour l’exercice d’une telle responsabilité… mystère de la gestion nébuleuse des Ressources Humaines en mairie de Draguignan.

Inutile de dire qu’en moins de temps qu’il n’en faut pour vous le décrire, la situation a dégénéré à l’EHPAD !

Dépôts de requêtes par de nombreux agents auprès des Ressources Humaines : pas moins de 18 agents auraient témoigné à l’encontre de la directrice.

Mon chien qui a du chien policier dans son ADN, a flairé une odeur familière : celle de la bonne cuisine des familles. Celle qui réchauffe les cœurs et serre les coudes.

Il ne se trompait pas de point. Par l’effet d’un formidable hasard, il se trouve que Madame Isabelle GAUTIER n’est autre que la sœur de Madame Anne QUINTELA, directrice du CCAS !

INCROYABLE.

Ni notre bon Maire, en sa qualité de Président de ce même CCAS, ni son fidèle adjoint Monsieur Alain HAINAUT ne s’en sont émus : sans doute n’ont-ils rien vu venir, une fois de plus.

Toujours est il que face à la bronca des agents de l’EHPAD, il a fallu exfiltrer Isabelle GAUTIER de son nouveau fauteuil et la rapatrier dans un endroit plus sûr : directement au CCAS, comme responsable du service de gestion des accueils, et ce depuis le mois de juillet.

Magni-Faïke aurait hurlé notre Cristina CORDULA nationale ! Sauf que la seule et bonne vraie cuisine…. C’est la cuisine au beurre (dixit Bourvil).

La nouvelle responsable des accueils était pourtant bien mieux rémunérée à l’EHPAD. Le salaire du CCAS avait donc le goût amère de la portion congrue.

Et bien, qu’à cela ne tienne : ON augmente sa prime IFSE (indemnité de fonction de sujetion et d’expertise). Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Un vrai conte de fée… mais il reste la pierre.

Ce caillou dans la chaussure qui gène la mise En Marche. Pour permettre cette augmentation opportune d’un cadre, il faut monter le curseur des primes de tous les agents. Et voilà comment tout le monde a eu droit à une prime uniforme, méritée ou non, pour permettre de préserver la rémunération de la sœur de la directrice du CCAS.

Drôle de façon de gérer les finances publiques en « bon » Maire des familles. NON ?

Mais les boulettes s’enchaînent au CCAS, de quoi garnir, « La vérité », un bon couscous pour  le prochain Noël à l’EHPAD :

– le temps de travail des nouveaux agents entrant au CCAS est désormais fixé dans le règlement à 5 jours par semaine, alors que les agents de l’ancien régime peuvent bénéficier d’une semaine aménagée sur 4 jours et demi. La nouvelle responsable pourra, elle, travailler à sa guise : une semaine de 4 jours, puis l’autre semaine 5 jours. Si vous faites la moyenne ça fait 4 jours et demi sur 2 semaines… mais ça fait aussi des mécontents, à juste titre !

– privilège du sang encore, qui autorise la même à siéger de droit au Conseil d’Administration, et donc… de donner des directives même à la directrice, sa sœur. Un comble !

– le CCAS qui, dans sa brillante gestion des ressources humaines vient de perdre un procès au Tribunal Administratif qui lui impose de réintégrer un agent. Ces gamelles judiciaires sont devenues une fâcheuse habitude en mairie.

– ou encore lorsqu’une autre responsable de service lance une procédure pour harcèlement professionnel à l’encontre de la directrice elle-même.

Voilà, ça se passe comme ça, au CCAS …. Comme en famille ! Il est regrettable que seul le contribuable trinque.

Entre temps, vous vous en doutez bien, Isabelle GAUTIER a été remplacée au pied levé à l’EHPAD (la Fée Clochette) par devinez qui… ? Le responsable de la maintenance ! Passer du remplacement des ampoules, du robinet qui fuit, du coup de peinture sur les radiateurs, du coup de tournevis pour resserrer les fauteuils, aux plus hautes fonctions de l’établissement, quelle performance !

Les plus gros travaux, en revanche, au sein de l’EHPAD continueront a être confiés à l’excellente entreprise ARTIBAT, d’autant plus désireuse de satisfaire la clientèle exigeante de la mairie de Draguignan, qu’elle est dirigée par Monsieur HAINAUT, le frère de l’adjoint, vice-président du CCAS.

On embauche enfin un journaliste de Var Matin, spécialiste des chroniques sportives, comme « écrivain public ». Comme s’il n’y avait pas de compétence suffisante en interne !

Cela dit, notre journaliste doit avoir une plume remarquable puisqu’il a bénéficié d’une promotion flash éclair : recruté en 2018 en CDD et à mi-temps, il vient d’être stagiairisé en 2019 en vue de sa titularisation, en CDI et à sur un temps plein. Cerise sur la gâteau : cet agent qui ne bénéficie pas du statut cadre va pouvoir assister, tout content, au Conseil d’Administration du CCAS… pour faire les comptes rendus. GOAAAAAAAAALLLL !

Mon chien est épuisé par cette exploration de l’envers du décor, bien décevante une nouvelle fois !

Il sait, comme la plupart d’entre nous, que le népotisme mine le moral des employés et constitue un frein à l’efficacité des services.

C’est un critère de choix arbitraire, méprisant pour les autres collaborateurs et, à terme, délétère.


Sur ce, mon chien m’a demandé en salivant, si, par l’entremise d’un chien de sa chienne, il ne pourrait pas postuler dans cette maison de rêve pour épauler, en tant que chien de garde, l’agent d’accueil qui est en arrêt maladie longue durée et invalidité.

Cela lui permettrait, de surcroît, de dévorer les restes de ces piques niques partagés par les élus municipaux… en campagne !

Du coup, mon chien regagne son panier en rappelant à haute voix cette définition de la famille donnée par un homme politique du 19ème siècle : « on appelle famille, un groupe d’individus unis par le sang et brouillé par les questions d’argent ! ».