Mon chien m’a dit : « Même quand le maire de Draguignan voit rouge… il voit #Werth ». (Épisode 12)

Deuxième interview de Richard STRAMBIO à deux semaines d’intervalle et par le même journaliste : le rythme s’accélère. Le printemps s’annonce chaud à Draguignan !

Cette fois-ci le lecteur est appâté par un titre énigmatique : « UNE MYSTÉRIEUSE VIDÉO ATTAQUE LE PROJET DE CENTRE COMMERCIAL VICTOIRE A DRAGUIGNAN ».

Le sujet le mérite : « un montage vidéo anonyme mis sur clef USB et diffusé dénonce le projet de redynamisation du centre ville de Richard STRAMBIO ». Un geste iconoclaste. Mon chien en tremble sur ses pattes. 

Dramatisation : « A l’intérieur de l’enveloppe un bout de papier et quelques mots. succints : DRAGUIGNAN, LE PROJET A RISQUE ».

Il ne manque plus que la bande sonore de l’excellente musique du film « Psychose ». Bonjour l’ambiance !

Il est vrai qu’il y a de quoi être douché pour Richard STRAMBIO puisque la clef USB contient la clef du drame : « une vidéo dans laquelle Richard STRAMBIO, alors candidat aux municipales en 2014, affirme en plein discours de campagne : « nous ne lancerons pas de grands chantiers démesurés inutiles, coûteux pour nos finances publiques. Nous ne raserons pas l’espace intercommunal du tourisme ». Texto ?

En bas de l’écran s’affiche en surimpression et en lettres rouges : MENTEUR.

L’arroseur copieusement arrosé en quelque sorte… il faut dire qu’il n’a pas volé sa douche.

Dommage que les Dracénois soient les seuls à trinquer !

Appelé à répondre, Richard STRAMBIO s’indigne ! Une fois de plus. L’occasion pour lui d’ajouter un nouvel animal à son bestiaire déjà bien fourni :

Après les chiens mis en cause pour leurs crottes, les pigeons secoués par leurs œufs, les chats dont le maire refuse de régler la note des castrations avancée par une association qui lui a fait imprudemment confiance, les moutons en colère qui inaugurèrent en son temps le boulevard Clémenceau, le dragon dont il nous avait promis de déguster les grelots à la mi-mandat, les punaises de lit et les rats qui donnent la mesure de l’improbable amélioration de notre cadre de vie en ville , voici : LE CORBEAU !

L’évocation de ce volatile met littéralement l’interviewé en transes : bien sûr « qu’il sait que le corbeau est passé » ricane-t-il selon les propres termes du journaliste. Et il « connaît ce corbeau » notre renard de maire. (Les Dracénois, eux, cherchent toujours le fromage…)

Pourtant, il ne nous dit pas qui il est. Comme c’est décevant ! Pour une fois que le maire « a vu venir le coup », il ne nous dit pas d’où il vient.

En vérité il utilise un vieux ressort de la communication du fanfaron qui, impuissant à faire ou à dire, laisse croire qu’il pourrait faire s’il le voulait, et même en dire plus encore s’il trouvait les mots pour s’exprimer… Des phrases du genre : « retenez-moi ou je fais un malheur ». Ou : « foncez, je vous couvre ». « Je ne vous en dit pas plus mais je n’en pense pas moins ».

Foutaise : il ne sait pas d’où vient ce coup et ça l’exaspère. Alors il laisse  sous-entendre au lecteur que le méchant corbeau ne peut être que son grand ennemi le loup, déjà désigné et vilipendé dans le premier interview.

Voilà STRAMBIO, tel un feu de croisement à l’angle du boulevard Clémenceau, qui voit alternativement rouge… et Werth !

Du coup il se lâche et la vulgarité reprend le dessus : « en plus il est voleur, puisqu’il a piqué cette vidéo avant de produire sa fiente USB ». A cet instant, le maire oublie que le contenu de la clef qu’il qualifie si durement n’est autre que l’expression des promesses électorales de Richard STRAMBIO, alors candidat.

Hélas l’interviewé se met une fois de plus le doigt dans l’œil.

Cette clef USB n’est pas l’œuvre d’une chienne de « mon chien » malgré son incontestable pertinence sur un sujet brulant : celui du mépris des promesses électorales.

Et c’est bien là que le bât blesse le dos de notre pauvre maire : si ce message qui le fâche tout rouge (car la vérité blesse) vient d’ailleurs, c’est bien la preuve que les errements de l’équipe municipale en place fâchent et mécontentent bien au delà des adhérents et amis, de plus en plus nombreux, de « Draguignan pour tous » !

Mon chien était le seul jusqu’à présent à pointer de sa patte cette gestion mortifère. Il s’est fait des copains !

La clef USB vient-elle alors de commerçants Dracénois conscients que le projet Carnot Gare, qu’ils ont refusé en 2014, est toujours une très mauvaise chose, et qui rappellent tout simplement le maire au respect de sa parole de candidat de façon cinglante ? Ou, peut-être, le réveil tardif et opportuniste d’une opposition jusqu’alors muette ou pire approbatrice de cette gestion gribouillonesque ? Ou plus simplement le fait de simples citoyens qui en ont assez de voir gaspiller l’argent de leurs impôts et le patrimoine public dans des projets fumeux, alors que les priorités élémentaires qui devaient améliorer leur quotidien sont toujours renvoyées à demain.

Mystère et boule de gomme. Un seule chose est sûre : le prétendu corbeau est un vrai lanceur d’alerte.

Enfin, de grâce monsieur le maire, changez de vocabulaire : fiente, déjection… laissez ce registre aux pigeons et aux rats déjà trop nombreux dans notre ville.

Reste le fond de cette affaire, puisque, vous l’avez compris, nous touchons effectivement le fond pour la deuxième fois en quinze jours.

Invité par le journaliste à être plus sérieux dans ses réponses, Richard STRAMBIO livre la clef de sa méthode de communication : « Il faut savoir jouer sur les mots » et il le fait : « Pour moi une démolition c’est ad vitam aeternam ». Il n’a pas l’âme d’un Attila notre incompris ! Lui, quand il démoli c’est pour « reconstruire en vue d’une actualisation et d’une mise aux normes ». Et de conclure sans sourire : « Je ne vois pas où est le problème ».

Comme l’a dit Giscard D’Estaing, on ne guérit pas les plaies en les léchant avec une langue de bois.

Le problème monsieur le maire, c’est que le projet Victoire n’a pas pour objet de restaurer, d’actualiser ou de même de reconstruire ailleurs des bâtiments ou des services de proximité qui existent ! C’est celui de la cession à un promoteur d’un espace foncier stratégique en plein cœur de Draguignan !

En effet, le conseil municipal que vous présidiez le 11 octobre 2017 a voté la signature d’un protocole (d’où le nom de « Protocole Victoire »), qui autorise la commune à céder l’assiette foncière de ce qui constitue aujourd’hui l’office du tourisme, la Maison des Sports et de la Jeunesse, le parking Victoire, le Parking Louis GO, le CCAS, la gare routière et le square Joseph ALLET à un promoteur.

Il autorise à cet emplacement « la réalisation d’un complexe immobilier de 8 000 m2 environ de surface de vente commerciale dont une surface de commerces alimentaires, des moyennes surfaces et des boutiques à vocation préférentielle d’équipement de la personne, de culture et de loisir ».

Le calendrier prévisionnel est parfaitement clair :

Mars 2019 – Nous y sommes déjà, et le maire ne dit pas un mot au journaliste sur l’état d’avancement de cette opération ! Inquiétant…

Et « mon chien » de me rappeler à cet instant que, lors de ce vote tristement historique, seuls deux conseillers municipaux issus de la majorité du maire ont eu la loyauté et le courage de s’opposer à ce projet dont chacun mesure à présent combien il est pernicieux. Ce sparadrap n’a pas fini de coller aux doigts de tous ces apprentis sorciers qui n’ont pas vu venir le coup, quand d’autres leur criaient … GARE !

La fin de l’interview est pathétique. A l’occasion de la question de l’implantation d’un supermarché LECLERC dans le futur Carnot Gare le maire bafouille : « Nous avons été martelé par cette enseigne, comme si elle était en terrain conquis »… C’est pourtant bien le cas, non ?

« J’ai été furieux de cette communication et je leur ai dit ce que je pensais »… Retenez-moi ou je fais un malheur en quelque sorte ?

Après avoir « juré ses grands dieux » (rien que ça !) STRAMBIO poursuit : « en l’état actuel des choses, je suis catégoriquement opposé à son installation », ce qui veut dire, entre les lignes, que si les choses bougent … il n’y sera plus opposé !

La triste vérité c’est qu’il ne maîtrise rien de cette affaire.

Dans l’immédiat et comme il l’avoue, tout le monde est « dans l’expectative », ce qui n’est évidemment pas très rassurant pour les Dracénois.

Le maire n’a plus la main sur le projet Victoire. Il ne l’a sans doute jamais eu. Il ignore tout des coûts prévisibles, et rien ne lui a été présenté.

Pour ce projet comme pour tous les autres le mot de la fin sort de sa bouche : « Comment voulez-vous que je vous en dise plus puisque moi-même je n’en sais pas davantage ».

Acta est fabula.

Victoire, Montferrat, Jany, Leclerc, le super musée… Ce n’est plus une clef mais tout un trousseau !

Sur cette saillie, mon chien est reparti se coucher en marmonnant : « Vivement 2020 que ça change ».