Mon chien m’a dit : ça craint ! (épisode 7)

Mon chien est un admirateur inconditionnel des Shadocks qu’il considère comme les pères de la pensée politique moderne.

Ainsi rappelle-t-il souvent cette formule forte, qui pourrait figurer au fronton de la mairie : « S’’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. »

Et ceux qui pensent le contraire méritent la potence.

Notre Maire se pense-t-il persécuté ? On pourrait le croire au vu de ses postures des dernières semaines :

  • Quand il s’exprime sous le couvert de sa majorité, dans les revues distribuées sur papier glacé par les diverses collectivités publiques et que les contribuables financent par leurs impôts, c’est pour se plaindre d’être la victime d’attaques injustes de mauvais citoyens qui, frustrés ou jaloux, convoitent son poste et osent le critiquer. Attitude inadmissible aux yeux de ce grand démocrate !

Pas un mot, en revanche, dans ces revues sur l’état de la ville ou l’avancement du calendrier de mise en œuvre des promesses électorales de 2014, visiblement passés aux oubliettes dès le lendemain du scrutin.

  • Il se complait ensuite à humilier l’un des seuls conseillers municipaux d’opposition qui ose prendre la parole lors d’un récent conseil municipal. Et, il en est fier !

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire – disait le Cid.

  • Et voici qu’il s’apprête à décoller son étiquette « sans étiquette » grâce à laquelle il s’est fait élire, pour mieux s’estampiller « En Marche la République ». Le chef de gare prend le train… « en marche » au moment où la SNCF menace de le faire dérailler !

Attention donc à ne pas en descendre trop vite, comme le fît en son temps Paul Deschanel, sur un coup de tête il est vrai !

  • Plus grave, non content de prêter aux autres des intentions malveillantes, notre Chef Suprême exprime une très haute opinion de lui-même, ce qui intrigue et inquiète mon chien : sachant que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le Chef des municipaux proclame qu’il incarne l’avenir de sa ville, qu’il est la jeunesse, la modernisation, l’ouverture, le pragmatisme… en un mot l’incarnation du futur ! Rien que ça.

Trop c’est trop, comme le dirait l’âne « TroTro ».

Derrière ces louanges de pacotilles auxquelles nul ne croit, pas même son auteur, se cache une dérive inquiétante pour la suite et la fin du mandat. Inquiétante surtout pour les Dracénois qui y ont cru. Il faut écouter ce qui se dit en ville :

  • L’équipe municipale avait promis de rendre rapidement notre ville plus propre et plus sûre, et de la revitaliser.

On en est bien loin ! 50 mois après l’élection, est-il si scandaleux de le rappeler ?

N’est-il pas juste de rappeler, une fois de plus, la nécessité d’une véritable mise en sécurité contre les risques d’inondations, alors que le 08 janvier 2018 puis le 13 mars 2018 et encore le 12 Avril 2018 notre ville a été submergée par les fortes pluies et les ruissellements, avec d’importants dégâts matériels et des moments très difficiles pour nos concitoyens sinistrés, une fois de plus et de trop ?

Annoncer l’avènement du « chemin de l’eau » dans ce contexte irrite plus d’un, qui s’étonnent que l’eau continue surtout à prendre le chemin de leurs caves et jardins.

Qu’en pensent les Président et Vice-Président du Syndicat Mixte de l’Argens, créé depuis trois ans déjà et dont les résultats concrets sont toujours attendus ?

N’est-il pas légitime de dire que les dépenses, notamment celles de fonctionnement, n’ont toujours pas été maitrisées contrairement aux engagements pris et aux promesses ?

Est-il vraiment glorieux de voir Draguignan classée parmi les villes moyennes en grande difficulté, et de ne plus compter que sur l’argent providentiel que le gouvernement va distribuer à l’approche des élections européennes et municipales, pour cacher l’indigence ?

Comment interdire aux électeurs de s’interroger sur l’opportunité de dépenser des millions d’euros pour un musée hors normes, uniquement pour satisfaire les « égo » de quelques-uns, alors que les rues et trottoirs de la ville sont délabrés ?

N’ont-ils pas le droit de s’émouvoir de cette course en zigzag qu’aura été le mandat en cours, entre le non-respect des promesses de campagne et la mise en œuvre stupéfiante de celles des perdants ?

Après le coup de Carnot-Gare, devenu le projet « Victoire », combien de temps faudra-t-il encore aux Dracénois pour être informés clairement de l’avancement de ce fameux projet, des conditions de cession du foncier qui est notre bien commun, des acteurs et des bénéficiaires de l’opération ?

Est-il pensable de se moquer des difficultés du stationnement dont chacun souffre en ville, d’être l’une des premières ville en France à avoir robotisé et informatisé la distribution méthodique des « prunes de trottoirs »… pour finalement réaliser que le bénéfice ira à la CAD et pas à la commune directement ?! Enorme signe supplémentaire s’il en était d’une impréparation totale des dossiers municipaux !

Avons-nous vu la propreté et la sécurité de notre ville s’améliorer, alors qu’on laisse crier des appels à la Guerre Sainte sur le parking de l’hôpital sans que quiconque s’en inquiète vraiment ?

Quelqu’un peut-il nous dire quelle est la politique de la ville en matière d’habitat, de reconstitution du tissu économique et commercial, du nécessaire et urgent plan de circulation ?

Qui croit sérieusement que le seul rafraichissement du Boulevard Clémenceau, dans des conditions qualitatives et esthétiques plus que discutables, suffira à berner une deuxième fois l’électorat déçu ?

Est-il enfin sérieux de défiler aux côtés d’un ministre de l’intérieur qui parade dans les rues de Draguignan, bloquant au passage la circulation déjà difficile en temps normal, dans le seul but de faire un coup de communication qui préfigure un ralliement tardif à un courant politique hétéroclite et opportuniste qui, à l’inverse de Robin des Bois, dépouille les retraités pour soulager les porteurs d’actions des bourses mondiales ?

Nous sommes aux antipodes de l’esprit de « Draguignan au Cœur »et des espoirs suscités par ce mouvement en 2014.

Il n’y a pas vraiment de quoi être fier !

Cessez donc de vous plaindre : si vous êtes critiqués, c’est parce-que vous le méritez ! C’est le rôle et le devoir de l’opposition. Celle du conseil municipal est inexistante, hélas ! Alors « Draguignan Pour Tous » s’en charge. Ce n’est qu’un début !

Apprenez à faire ce que vous devez faire très prochainement : rendre compte de votre action à la tête de la ville et, sans doute, votre « mea culpa ».

Pourriez-vous enfin être plus modeste, à défaut d’avoir été efficace ? Les comptes seront moins durs à rendre le moment venu.

Sur quoi mon chien m’a rendu sa laisse pour la lui passer autour du cou et l’amener 28 rue Cisson, en pèlerinage. Rassurez-vous, devant la porte de la mairie, il n’a soulagé que son cœur !